Le group de recherche sur Gabrielle Roy
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Le temps qui m'a manqué - cahier 1 linéaire

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Longtemps il m'a semblé que les rails ne pourraient me chanter autre chose que le bonheur.

Dans mes voyages d'enfant avec maman, que nous n'allions pas loin ou au contraire comme cette fois en Saskatchewan, et qu'elle avait l'air si triste, les rails n'avaient pas manqué de chanter sous le roulement des trains que j'étais faite pour le bonheur et le trouverait sans faute. Même quand je l'avais eusquittée si seule dans son manteau sombre sur le quai de la gare à Winnipeg, le coeur plein de ma détresse et de sa détresse, les roues en martelant les rails(C) n'avaient pas été longues à me consoler, à me rassurer, à me faire croire que, l'épreuve terminée, le bonheur reviendrait dans nos vies, qu'il revenait dans toute vie. Et voici que Montréal à peine quitté le train lancé à fond dans la nuit lugubre me martelait la la même phrase que je ne voulais pas comprendre : Ta mère est morte. Ta mère est morte. Puis, la petite phrase, toujours scandée, devenait : Maman est morte. Maman est morte. Et je ne le croyais pas davantage. Cela ne pouvait pas être. Maman n'avait pas d'affaire à mourir avant que j'eusse eu le temps de l'argent, le bonheur, la réussite que je devais lui apporter en guise de réconfort de toute sa vie.

Pour la douzième fois depuis une heure, je sortis de mon sac à main

Légende:

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(C) = Texte corrigé Noms de personnes Œuvres

Recherches ponctuelles dans le texte du Temps qui m'a manqué

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