Le group de recherche sur Gabrielle Roy
Le group de recherche sur Gabrielle Roy
| PAGE D'ACCUEIL | GABRIELLE ROY | LE GROUPE DE RECHERCHE | L'ÉDITION ÉLECTRONIQUE | LIENS | REMERCIEMENTS |
Cahier 1
  Page 1 |
Cahier 2
  Page 1 |
Cahier 3
  Page 1 |
Cahier 1
diplo. | linéaire
Cahier 2
diplo. | linéaire
Cahier 3
diplo. | linéaire
Tous les états
Cahier 1 Cahier 2 Cahier 3
1


Longtemps j'ai cru il m'a semblé que les rails ne pourraient me chanter autre chose que le bonheur.

Jamais je n'aurais pu croire que les rails me
chanteraient autre chose que le bonheur.

Longtemps je n'ai pu croire que les rails me
chanteraient jamais autre chose que le bonheur.


Il ne m'avait jamais semblé que le train pût
me chanter autre chose que le bonheur.
Dans
mes voyages d'enfant avec maman, quand que nous n'allions
pas loin ou au contraire comme cette fois
en Saskatchewan
, et qu'elle avait l'air
si triste
, les rails n'avaient pas
manqué de chanter sous le roulement des trains
que j'étais faite pour le bonheur et le
trouverait sans faute
. Même quand je
l'avais eusquittée
si seule dans son manteau
sombre [4]
sur le quai de la gare à Winnipeg, et que j'avais
le coeur plein de ma détresse et de sa
détresse
, les roues en martelant les rail(NC)
n'avaient pas été longs(NC)longues à me consoler, à
me rassurer
, à me faire croire que,
l'épreuve terminée, le bonheur reviendrait
dans nos vies, qu'il revenait dans toute
vie
.
Et voici que Montréal à peine quitté le
train lancé à fond dans la nuit lugubre

me martelait la [tête de] la même phrase
que je ne voulais pas comprendre :
Ta mère
est morte. [0] Ta mère est morte.
Puis, la
petite phrase, toujours scandée, devenait :
Maman
est morte. Maman est morte.
Et je ne
le croyais pas davantage.
Cela ne pouvait
pas être. Maman n'avait pas d'affaire
à mourir
avant que je puissej'eusse eu le temps
de [récolter] l'argent, le bonheur, la réussite
que je
devais lui apporter en guise de réconfort
de toute sa vie
.


Pour la dixième dix douzième fois
depuis une heure,
je sortis de mon sac à main

1


faisait [naître du] [2] Longtemps il m'avait semblé que les rails
ne pourraient jamais me chanteraient autre chose autre chose que la
promesse
du le bonheur
. Dans mes voyages
d'enfant avec maman, que nous allions
peu loin, ou, comme cette fois jusqu'en
Saskatchewan
, et qu'elle avait l'air si
préoccupée
, ils ne cessèrent de me
présenter la vie à l'image des visions magiques que me proposaient les horizons. que l'horizon en fuite suscitait horizons,
toujours magiques à mes yeux, vers lesquels
nous accourions
. Les espaces immenses,
le départ, le train, le voyage et, au bout,
le bonheur, tout tout cela longtemps s'est m'a paru
confondu associé dans mon esprit [n'allaient pas selon mon imagination l'un sans l'autre]
. Même après
que je l'eue quittée, en ce jour de septembre
,
serrant sur elle son pauvre manteau sombre, seule
au bout du quai, en gare de Winnipeg
,
le coeur me manquant à la voir si
abandonnée
, les rails ne furent pas
longs à me ressaisir et à me consoler
par
leur l' leur incroyable attrait de toujours sur
moi ma nature
. Je m'en allais au loin cueillir
ce qu'il y avait de meilleur, me disaient-ils.
Je le lui rapporterais à ma mère
. Elle en serait à
jamais contente réjouie.


Combien de temps avait donc passé
depuis cette illusion d'un coeur qui toute sa
ma vie
oscilla de l'exaltation à l'ombre la plus noire?
du malheur?
À peine plus de cinq ans, et
voici qu'en ce soir de juin, Montréal à peine
quitté
, le train lancé dans la nuit lugubre
me martelait la tête à chaque tour de
roue
de la phrase impitoyablement scandée :
" Trop tard... Ta mère est morte... Morte ! Morte !

1


Longtemps il m'avait semblé que les
rails jamais <=> ne me chanteraient autre chose
que le bonheur
. Dans mes voyages d'enfant
avec maman
, que nous allions peu loin
ou, au contraire, comme cette fois jusqu'en
Saskatchewan
, et qu' alors qu'elle avait eu l'air si
préoccupée
ils ne manquèrent pas de toujours toujours ils
me présenterèrent toujours la vie à l'image
des visions magiques que suscitait faisait naître
en moi la vue de l'horizon en fuite (fuyant.) fuyant sans cesse devant nous.
Les
espaces immenses, le départ, le train, le
voyage et, au bout, le bonheur, longtemps
tout cela
me parut parurent pendant des années indissolublement liés
.
Même après que je q j'eûs quitté ma mère en ce jour
de septembre, petite silhouette solitaire , au
bout du quai,
serrant sur elle son pauvre
manteau sombre
, le coeur me manquant
de la voir ainsi abandonnée
, même alors
les rails ne furent pas longs à me ressaisir rassurer
et à me consoler
par leur incroyable attrait
sur ma folle nature âme jeune.
Je m'en allais au
loin chercher ce qu'il y avait de meilleur, me
disaient-ils. Je le rapporterais à ma mère
.
Et elle en serait à jamais réjouie.


Combien de temps avait donc passé depuis
cette illusion d'un coeur qui toujours
oscilla
de entre l'exaltation la plus emportée à enivrante et l'ombre la
plus noire?
A peine plus de cinq ans, et
voici qu'en ce soir de juin, Montréal à peine quitté
,
le train, lancé dans la nuit lugubre, me
à chaque tour de roue me martelait la
tête
de la même phrase impitoyablement
scandée :
Ta mère est morte. Elle Ta mère est morte.
Morte!
Ou bien il me faisait à moi-même me
le dire sur un ton pareillement scandé :
Maman
est morte. Morte! Morte!
Et je ne le croyais
pas encore tout à fait tout au fond de l'âme.

Légende:

Variante Noms de lieux Texte ajouté dans la marge
Supprimé Noms de personnes Texte ajouté dans l'interligne
Inversion Œuvres (NC) = Texte non-corrigé
[Transcription incertaine] Index thématique [n] Illisible

Recherches ponctuelles dans le texte du Temps qui m'a manqué